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Périménopause : quand le corps commence à changer avant la ménopause

3 sept.
6 min de lecture



Sommeil perturbé, fatigue inhabituelle, cycles qui changent, bouffées de chaleur, sensation de gonflement, humeur plus fragile, difficultés de concentration, douleurs articulaires…

La périménopause ne commence pas nécessairement par l’arrêt des règles.

Bien au contraire.

Pendant plusieurs années, les cycles peuvent encore être présents alors que le corps, lui, a déjà commencé sa transition.

Et c’est peut-être ce qui rend cette période si déroutante : les changements peuvent apparaître progressivement, être très différents d’une femme à l’autre et parfois sembler n’avoir aucun lien entre eux.


Qu’est-ce que la périménopause ?

La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles et est considérée comme installée après 12 mois consécutifs sans menstruations.

Mais elle ne survient pas du jour au lendemain.

Elle est précédée d’une période de transition hormonale appelée périménopause, parfois également appelée préménopause. Elle dure généralement plusieurs années et les premiers symptômes apparaissent fréquemment autour de la fin de la quarantaine, même s’il existe d’importantes variations individuelles.

Durant cette période, le fonctionnement des ovaires devient plus irrégulier et les concentrations hormonales fluctuent.

Le corps, habitué pendant des décennies à un certain rythme, doit progressivement trouver un nouvel équilibre.


Le premier signe ? Souvent, les règles changent

Pour certaines femmes, tout commence par le cycle.

Les règles peuvent arriver plus tôt, puis plus tard.

Elles peuvent devenir plus abondantes ou au contraire moins importantes.

Un syndrome prémenstruel jusque-là discret peut également devenir plus marqué, avec des seins douloureux, davantage d’irritabilité ou une sensation de tension avant les règles.

Mais chez d’autres femmes, ce sont d’abord le sommeil, la fatigue, les bouffées de chaleur ou l’humeur qui commencent à changer.

C’est pourquoi la périménopause n’est pas toujours immédiatement identifiée.


La périménopause ne se résume pas aux bouffées de chaleur

C’est probablement l’une des idées les plus importantes à retenir.

Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont bien connues, mais elles ne représentent qu’une partie des manifestations possibles.

On peut notamment rencontrer :

  • des cycles menstruels irréguliers ou un changement du flux des règles ;

  • des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes ;

  • un sommeil plus fragile et une fatigue persistante ;

  • de l’irritabilité, de l’anxiété ou des variations de l’humeur ;

  • des difficultés de concentration, des oublis ou une impression de « brouillard mental » ;

  • des migraines ou maux de tête plus fréquents ;

  • des palpitations ;

  • des douleurs musculaires ou articulaires ;

  • une modification de la silhouette et de la répartition des graisses ;

  • une diminution de la masse musculaire ;

  • une peau plus sèche et des changements au niveau des cheveux ;

  • une baisse ou une modification de la libido ;

  • une sécheresse ou un inconfort vaginal ;

  • des envies d’uriner plus fréquentes ou de petites fuites urinaires.

Toutes les femmes ne rencontrent évidemment pas l’ensemble de ces manifestations. Chez certaines, la transition se fait avec très peu de symptômes. Chez d’autres, plusieurs changements se superposent et peuvent avoir un véritable impact sur la vie personnelle et professionnelle.


« Je ne reconnais plus mon corps »

Cette phrase revient souvent lorsqu’on parle de périménopause.

Un corps qui semblait relativement prévisible peut soudain paraître plus sensible.

On dort moins bien.

On récupère moins facilement.

La silhouette se modifie alors que l’alimentation n’a pas nécessairement changé.

On se sent parfois plus gonflée.

Des tensions ou des douleurs apparaissent.

L’énergie n’est plus tout à fait la même.

Et ces transformations peuvent être difficiles à accepter précisément parce qu’elles arrivent parfois sans que l’on comprenne immédiatement ce qui se passe.

Il ne s’agit pourtant pas de mener une guerre contre ce nouveau corps.

Il s’agit plutôt de commencer à observer ce dont il a besoin aujourd’hui, et non de lui demander de fonctionner exactement comme il le faisait dix ou quinze ans auparavant.


Le sommeil : un élément central

Le sommeil mérite une attention particulière pendant cette période.

Les fluctuations hormonales, les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes peuvent provoquer des réveils fréquents. Certaines femmes constatent également un sommeil plus léger ou des difficultés à se rendormir.

Et lorsque les mauvaises nuits s’accumulent, tout peut sembler plus difficile : fatigue, irritabilité, concentration, récupération physique, gestion du stress…

Des horaires réguliers, une chambre suffisamment fraîche, une diminution des excitants en fin de journée, une activité physique régulière et un véritable temps de ralentissement avant le coucher peuvent contribuer à améliorer le confort nocturne.

Lorsque les troubles du sommeil deviennent persistants, il ne faut cependant pas hésiter à en parler à un professionnel de santé.


Bouger devient encore plus important

Avec l’âge et les changements hormonaux, préserver la masse musculaire devient particulièrement important.

L’activité physique régulière aide à entretenir la force, la mobilité et l’équilibre et participe également à la santé osseuse et cardiovasculaire.

La marche est intéressante, mais elle peut avantageusement être associée à du renforcement musculaire adapté à ses capacités.

L’objectif n’est pas nécessairement d’en faire toujours davantage.

Il est surtout de rester régulièrement en mouvement et de limiter la sédentarité.


Et l’alimentation ?

Lorsque la silhouette commence à changer, la première réaction peut être de vouloir manger beaucoup moins.

Ce n’est pas nécessairement la meilleure stratégie.

L’Assurance Maladie recommande plutôt une alimentation diversifiée et équilibrée, avec notamment une attention portée aux protéines et au calcium, parallèlement à une activité physique régulière. Les régimes excessivement restrictifs ne sont pas recommandés.

À cette période de la vie, il peut être plus intéressant de chercher à nourrir et préserver le corps plutôt que de chercher uniquement à réduire son poids.


Apprendre à repérer ce qui change

Il peut être très utile de noter pendant quelques semaines ce que l’on ressent.


Le cycle.

Le sommeil.

Les bouffées de chaleur.

L’énergie.

Les migraines.

L’humeur.

Les douleurs.

Les éventuels symptômes urinaires ou intimes.


Non pas pour surveiller son corps en permanence, mais pour prendre suffisamment de recul afin de percevoir des évolutions ou des répétitions.

Cela peut également être très utile lorsqu’on consulte son médecin, son gynécologue ou sa sage-femme.


Quand faut-il en parler à un professionnel de santé ?

La périménopause est une transition physiologique naturelle.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille supporter des symptômes importants sans accompagnement.

Il est utile d’en parler lorsqu’ils deviennent gênants, perturbent le sommeil ou la qualité de vie, ou lorsque l’on se demande simplement si les changements ressentis peuvent être liés à cette période.

Il est également important de ne pas attribuer systématiquement tout nouveau symptôme aux hormones.

Des saignements inhabituels ou très abondants, des palpitations importantes, des douleurs nouvelles ou persistantes, un mal-être psychologique marqué ou tout symptôme qui vous inquiète méritent un avis médical.

La grossesse reste par ailleurs possible pendant la périménopause tant que la ménopause n’est pas confirmée ; une contraception peut donc rester nécessaire.


Il existe des solutions

Parler de la périménopause ne devrait pas avoir pour conséquence de banaliser les difficultés en répondant simplement :

« C’est normal, c’est l’âge. »

Selon les symptômes, leur intensité, les antécédents et la situation de chaque femme, différentes prises en charge peuvent être discutées avec un professionnel de santé.

L’accompagnement doit rester individuel : ce qui convient à une femme n’est pas nécessairement approprié à une autre. La Haute Autorité de Santé travaille d’ailleurs actuellement à actualiser les recommandations françaises de prise en charge de la périménopause et de la ménopause en soins de premier recours.


Et les soins de bien-être ?

Un massage, un drainage ou un soin visage ne traite pas la périménopause et ne corrige pas les fluctuations hormonales.

Mais cela ne signifie pas que prendre soin de son corps n’a plus sa place.

Au contraire.

Lorsque le quotidien est marqué par les tensions, la fatigue, l’impression de corps lourd, le besoin de ralentir ou simplement la difficulté à retrouver un moment pour soi, un soin peut constituer une parenthèse de confort.

Chez Saisons Intérieures, nous préférons d’ailleurs parler des besoins du corps plutôt que d’un « soin spécial ménopause ».

Parce qu’il n’existe pas une seule périménopause.

Une femme pourra ressentir avant tout le besoin de relâcher ses tensions musculaires.

Une autre recherchera une sensation de légèreté.

Une autre encore aura simplement besoin de ralentir et de se réapproprier un corps qu’elle sent évoluer.

Le soin s’adapte à la personne et à ce qu’elle ressent ce jour-là.


Accompagner plutôt que lutter

La périménopause n’est ni une maladie ni un détail.

C’est une période de transition importante qui peut être presque imperceptible pour certaines femmes et profondément déstabilisante pour d’autres.

Mieux comprendre ce qui se passe permet déjà de porter un autre regard sur ces changements.


Continuer à bouger.

Préserver son sommeil.

Nourrir suffisamment son corps.

Consulter lorsque cela est nécessaire.

S’autoriser à récupérer.

Et peut-être accepter progressivement que prendre soin de soi ne signifie plus exactement la même chose qu’à 30 ans.


Le corps change.

Prendre soin de lui, c’est peut-être aussi arrêter de lui demander d’être exactement comme avant.



Saisons Intérieures — Le soin du temps

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