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Adénomyose : cette maladie de l’utérus encore trop peu connue

29 août
4 min de lecture


On parle de plus en plus d’endométriose. Beaucoup moins d’adénomyose.

Pourtant, cette maladie peut elle aussi être à l’origine de règles très douloureuses, de saignements abondants, de douleurs pelviennes ou d’une fatigue importante.

Et surtout, les deux maladies sont parfois confondues… parce qu’elles peuvent provoquer certains symptômes similaires et parce qu’elles peuvent aussi être présentes en même temps.

Comprendre leur différence permet déjà de mieux écouter ce que le corps essaie de signaler.


Qu’est-ce que l’adénomyose ?

L’intérieur de l’utérus est normalement tapissé d’une muqueuse appelée endomètre.

Dans l’adénomyose, du tissu de type endométrial se retrouve à l’intérieur de la paroi musculaire de l’utérus, appelée myomètre.

C’est là que se situe la principale différence avec l’endométriose.

Dans l’endométriose, du tissu semblable à l’endomètre est retrouvé en dehors de la cavité utérine, par exemple au niveau des ovaires, du péritoine, des ligaments, et parfois des organes digestifs ou urinaires.

Dans l’adénomyose, c’est donc essentiellement le muscle même de l’utérus qui est concerné.


Quels signes peuvent faire penser à une adénomyose ?

Toutes les personnes atteintes d’adénomyose n’ont pas nécessairement de symptômes.


Lorsqu’ils sont présents, certains signes reviennent cependant fréquemment :

  • des règles douloureuses ;

  • des douleurs pelviennes ;

  • des douleurs pendant certains rapports sexuels ;

  • des règles particulièrement abondantes ;

  • parfois une sensation de pesanteur ou d’inconfort dans le bassin.


Les saignements importants constituent un élément particulièrement intéressant à repérer.

Ils peuvent, lorsqu’ils se répètent, entraîner une diminution des réserves en fer voire une anémie. Une fatigue inhabituelle, une pâleur ou un essoufflement peuvent alors apparaître.


Adénomyose et endométriose : quelle différence ?

On pourrait résumer leur principale différence ainsi :


Adénomyose : dans la paroi musculaire de l’utérus.


Endométriose : en dehors de la cavité utérine.


Mais dans la réalité, les choses sont parfois moins simples.

Les deux maladies peuvent provoquer des règles douloureuses, des douleurs pelviennes, des douleurs pendant les rapports ou des difficultés de fertilité.

Et une même femme peut également présenter à la fois une adénomyose et une endométriose.

Certains symptômes peuvent néanmoins orienter.

Des règles très abondantes font notamment davantage penser à l’adénomyose.

À l’inverse, lorsque les douleurs sont associées au cycle mais apparaissent aussi lors des selles, en urinant, dans le système digestif ou parfois dans d'autres zones du corps, la recherche d’une endométriose peut être particulièrement importante.

Ces signes ne permettent toutefois jamais de poser soi-même un diagnostic.


Pourquoi le diagnostic peut-il prendre du temps ?

Une douleur menstruelle peut longtemps être considérée comme quelque chose de « normal ».

De nombreuses femmes s’habituent également à organiser leur quotidien autour de leurs règles : anticiper les antalgiques, éviter certaines activités, rester chez soi, supporter la fatigue…

Peu à peu, ce qui perturbe pourtant réellement la vie quotidienne finit parfois par être banalisé.

Or des douleurs menstruelles importantes ou des saignements particulièrement abondants méritent d’être signalés à un professionnel de santé.

Pour rechercher une adénomyose, l’imagerie joue aujourd’hui un rôle important, notamment l’échographie réalisée par un professionnel expérimenté et, selon les situations, l’IRM.


Observer son cycle peut déjà aider

Sans chercher à poser soi-même un diagnostic, noter ses symptômes pendant quelques cycles peut fournir des informations précieuses.


On peut par exemple observer :


La quantité des règles: Sont-elles devenues nettement plus abondantes ?


La douleur: Quand apparaît-elle ? Avant les règles ? Pendant ? Après ?


Sa localisation: Bas-ventre, bassin, lombaires, intestins, vessie…


Les symptômes associés: Ballonnements, troubles digestifs, gêne urinaire, fatigue, douleurs pendant les rapports…


Le retentissement sur la vie quotidienne: La douleur empêche-t-elle de travailler, de dormir, de sortir ou de faire du sport ?

Ce sont souvent ces informations très concrètes qui permettent de mieux expliquer ce que l’on ressent lors d’une consultation.


Peut-on soulager les symptômes au quotidien ?

Les mesures de confort ne remplacent évidemment pas la prise en charge médicale de l’adénomyose ou de l’endométriose.

Elles peuvent néanmoins accompagner certaines personnes dans la gestion des tensions et de la douleur.

La chaleur appliquée sur le bas du ventre ou les lombaires peut notamment favoriser la détente musculaire et contribuer à diminuer certaines crampes menstruelles. Une activité physique adaptée, la marche douce, certains étirements et la respiration diaphragmatique peuvent également être intéressants selon la tolérance de chacune.

L'essentiel reste d'adapter : pendant certaines périodes, le corps peut avoir besoin de mouvement ; à d'autres moments, de repos.


Et les massages ?

Un massage de bien-être ne traite ni l’adénomyose ni l’endométriose.

Il peut en revanche trouver sa place en complément d’un suivi médical, pour agir sur certaines conséquences indirectes de périodes douloureuses répétées : tensions musculaires, dos contracté, fatigue, sensation de corps constamment crispé ou difficulté à relâcher le système nerveux.

Le soin doit toujours être adapté au ressenti du moment, sans chercher à travailler douloureusement une zone sensible.

Chez Saisons Intérieures, l’objectif n’est pas de « corriger » une pathologie gynécologique avec les mains, mais d’offrir au corps un espace de relâchement lorsque les tensions deviennent trop présentes.


Quand en parler à un professionnel de santé ?

Des règles qui deviennent très abondantes, des douleurs menstruelles qui perturbent régulièrement la vie quotidienne, des douleurs lors des rapports, des symptômes digestifs ou urinaires cycliques ou une fatigue importante sont autant de raisons d’en parler avec un médecin, une sage-femme ou un gynécologue.

En présence de règles abondantes et d’une fatigue persistante, la question d’une éventuelle carence en fer ou d’une anémie peut également être abordée avec le professionnel de santé.


Ce que le corps nous dit

La douleur n’indique pas toujours précisément ce qui se passe.

Mais lorsqu’un même signal revient mois après mois, s’intensifie ou commence à modifier notre façon de vivre, il mérite d’être entendu.


Comprendre l’adénomyose, c’est aussi rappeler une chose simple :

des règles qui font souffrir au point de devoir organiser sa vie autour d’elles ne devraient pas être banalisées.



Écouter son corps ne signifie pas s’autodiagnostiquer.

Cela signifie reconnaître qu’un symptôme mérite parfois d’être exploré.


Article informatif. Il ne remplace pas un diagnostic ou un avis médical.


Sources : Fondation pour la Recherche sur l’Endométriose

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